«Le fait que nous soyons arrivés à générer une telle dynamique au second semestre, c’est pour moi le point fort de l’année. Nous avons dépassé tous les objectifs que nous nous étions fixés en août.»

Anton Affentranger, CEO

«Il est extraordinaire de voir la force et la dynamique dont ont fait preuve au second semestre toutes les unités. Toutes, vraiment toutes, ont tiré dans le même sens. ‹One Company›, à la perfection!»

Beat Fellmann, CFO

«Implenia est une entreprise agile»

2017 était une année de défis. Au premier semestre, Implenia a enregistré un résultat inférieur à celui de l’année précédente en raison des ajustements opérés sur le portefeuille de projets en Norvège et des créances liées à la procédure en cours dans l’affaire du stade du Letzigrund, ainsi que des mesures d’optimisation dans le domaine de la construction routière et du génie civil en Suisse alémanique. Par conséquent, l’objectif d’EBIT pour 2017 a été fixé à un peu moins de 100 millions de francs. Au second semestre, le Groupe a toutefois fait la démonstration de sa pleine agilité entrepreneuriale: en fin d’année, Implenia avait nettement dépassé ses prévisions en termes d’EBIT et de cash-flow. Les activités opérationnelles sous-jacentes et le niveau record des carnets de commandes incitent Implenia à regarder l’avenir avec optimisme. Lors d’un entretien, le CEO Anton Affentranger et le CFO Beat Fellmann dressent le bilan et discutent de leurs attentes pour l’année 2018 et au-delà.

«Le fait que nous soyons arrivés à générer une telle dynamique au second semestre, c’est pour moi le point fort de l’année. Nous avons dépassé tous les objectifs que nous nous étions fixés en août.»

Anton Affentranger, CEO

«Il est extraordinaire de voir la force et la dynamique dont ont fait preuve au second semestre toutes les unités. Toutes, vraiment toutes, ont tiré dans le même sens. ‹One Company›, à la perfection!»

Beat Fellmann, CFO

 

Croissance substantielle du chiffre d’affaires, EBITDA à un niveau record, EBIT de 103,2 millions de francs, flux de trésorerie disponible en forte hausse et carnet de commandes record et de bonne qualité. Comment Implenia est-elle parvenue à ce résultat après un premier semestre ambitieux?

Anton Affentranger: Le fait que nous – les collaborateurs et le management d’Implenia – soyons arrivés à générer une telle dynamique au second semestre, c’est pour moi le point fort de l’année. Nous avons dépassé tous les objectifs que nous nous étions fixés en août. C’est la meilleure preuve de la grande agilité d’Implenia.

Beat Fellmann: Cette évolution réjouissante démontre que nos activités opérationnelles sous-jacentes sont intactes. Les ajustements que nous avons dû opérer sur le résultat du premier semestre étaient imputables à des circonstances tout à fait exceptionnelles. Nous constatons aussi avec plaisir que tous les segments ont clôturé sur un résultat positif.

Et, par rapport à l’année précédente, le chiffre d’affaires a augmenté de près d’un cinquième. Cette croissance est-elle surtout due à l’acquisition de Bilfinger Hochbau ou est-elle également d’origine organique?

Beat Fellmann: Cette croissance est en grande partie liée à l’acquisition de Bilfinger Hochbau. En faisant abstraction de cet effet, nous arrivons à une croissance organique très satisfaisante d’environ 3%. Conformément à notre stratégie, nos chiffres d’affaires sont restés stables en Suisse. En revanche, ils ont progressé à l’international. C’est une avancée de plus dans nos efforts de renforcement régional de notre portefeuille commercial.

Quid de la performance opérationnelle? Où en est la marge EBITDA? Implenia avait annoncé au premier semestre 2017 une nouvelle fourchette à moyen terme de 5,25 à 5,75%.

Beat Fellmann: Au niveau de l’EBITDA, le résultat a été grevé par les ajustements non récurrents du premier semestre, ce qui se traduit par une marge EBITDA restant en dessous de cette fourchette. Sans ces «one-offs», nous nous situerions au beau milieu, avec d’excellents 5,4%. Mais tout cela n’est pas encore la fin des fins – en particulier le segment International dispose encore d’un potentiel d’amélioration considérable.

Pourtant, la Norvège vous a donné du fil à retordre. Les mesures visant à renforcer la performance opérationnelle sur place se sont-elles révélées efficaces?

Anton Affentranger: Ce que nous avons dû vivre l’année dernière en Norvège, cela ne s’apprend dans aucune école de management. Notre CEO norvégien avait été porté disparu pendant quatre mois, avant d’être retrouvé mort. Naturellement, cette situation nous a profondément bouleversés et nous a tous bloqués. Maintenant que la fonction de CEO en Norvège a été reprise définitivement par Tone Bachke, avec une équipe renforcée, nous sommes de nouveau proches de nos clients et de nos projets. Le contrat remporté juste avant Noël l’a démontré.

Le segment International comprend aussi, à côté de la Norvège, les activités d’Implenia en Allemagne, Autriche et Suède. Comment se sont comportés les autres pays?

Anton Affentranger: S’agissant de l’effet négatif de la performance norvégienne, nous n’avons pas réussi à le compenser au second semestre 2017. En revanche, la Suède, l’Autriche et l’Allemagne ont tenu le cap. En Allemagne, Implenia Construction a répondu à nos attentes et, récemment, nous avons pu annoncer la signature du contrat à ce jour le plus important d’Implenia Construction: la rénovation totale du pont de Mülheimer à Cologne. Quant aux infrastructures en Allemagne, elles souffrent d’un grand retard d’assainissement. Il existe donc un marché pour nos prestations.

En résumé, nous pouvons dire qu’à l’exception du revers en Norvège, le résultat du segment est en ligne avec les attentes.

Une fois de plus, Development présente un résultat record en 2017. Pour quelles raisons?

Beat Fellmann: Nous disposons d’un très bon portefeuille, nous avons profité d’un marché favorable et nos équipes sont top. Tant en Suisse romande qu’en Suisse alémanique, nous avons pu générer des recettes meilleures que prévu.

Est-ce vrai aussi pour le segment Suisse? Celui-ci comprend les unités Modernisation et Buildings ainsi que les activités de région helvétiques. Or des nuages noirs semblent lentement s’accumuler, en particulier dans le ciel du bâtiment…

Anton Affentranger:  Je ne vois pas de nuages noirs au-dessus de notre unité Buildings. En 2017, Buildings a livré une excellente performance et un résultat absolument record. Pour la première fois, l’ancien objectif d’EBIT de 2,5% a été atteint sur l’année. Il a même été dépassé. Nous récoltons maintenant les fruits du repositionnement de cette entité, engagée il y a un an et demi. Et les carnets de commandes sont déjà bien remplis pour 2018. Nous sommes donc optimistes, même si le marché devait changer. S’agissant de Modernisation, nous avons constitué une équipe en Suisse romande, où nous avons engrangé les premiers contrats. Les défis structurels au sein des activités de région en Suisse nous ont mis à l’épreuve et ont également pesé sur notre résultat 2017. Au printemps dernier, nous avons donc décidé de procéder à une opération douloureuse, comme jadis dans le cas de Buildings. En Suisse, nous avons regroupé sous un même toit les compétences en construction routière, ouvrages d’art et rénovation, tout en effectuant des ajustements de capacités. De nouveaux projets – par exemple, le contrat remporté pour l’assainissement de l’A1 entre Zurich-Est et Effretikon – montrent que nous pouvons être confiants pour l’année en cours.

Comment se comporte le segment Infrastructure?

Anton Affentranger: Une fois encore, nous avons été heureusement surpris par la performance et la grande qualité des projets d’Infrastructure, pas seulement ici, en Suisse, mais aussi en Allemagne, en Autriche et en France avec le «Grand Paris Express».

Parmi les points forts de l’année passée figure aussi le flux de trésorerie disponible, en progression substantielle. Comment Implenia s’y est-elle prise?

Beat Fellmann: Depuis dix ans que je boucle les comptes annuels chez Implenia, je n’ai jamais rien connu de semblable! Il est extraordinaire de voir la force et la dynamique dont ont fait preuve au second semestre toutes les unités, qu’elles soient opérationnelles ou fonctionnelles. Toutes, vraiment toutes, ont tiré dans le même sens. «One Company», à la perfection!

Comment évolue l’environnement de marché dans lequel opère Implenia? Voyez-vous une bulle immobilière?

Anton Affentranger: J’estime que la probabilité d’une hausse des prix de l’immobilier en Suisse est faible. Dans les régions économiques clés, la zone du Grand Zurich et le Bassin lémanique, la situation est très favorable. A court et à moyen termes, les taux d’intérêt ne vont pas augmenter de manière fulgurante. En Allemagne, les données fondamentales sont très bonnes dans le bâtiment et les travaux d’infrastructure. La demande est énorme. Il faut plutôt se demander si les capacités de construction sont suffisantes. Le manque de main-d’œuvre spécialisé constitue un problème pour le secteur.

Beat Fellmann: Tous les pronostics tablent sur une nette progression des infrastructures, domaine où nous sommes bien positionnés sur nos marchés de base et au-delà. S’agissant des deux mégatendances, les infrastructures et l’urbanisation, Implenia bénéficie d’un bon positionnement.

Implenia fait avancer son internationalisation. Le Groupe compte désormais davantage de collaborateurs en Allemagne qu’en Suisse et réalise aussi des projets complexes d’infrastructure en dehors de ses marchés de base. Ce rythme sera-t-il maintenu?

Beat Fellmann: Les marchés sont intacts – notamment en ce qui concerne la mégatendance des infrastructures – et notre axe stratégie est clair: nous visons pour Implenia un chiffre d’affaires réalisé à 50% à l’étranger. Si des opportunités attractives devaient se présenter sur le marché européen, nous les saisirions. Mais nous allons croître en premier lieu par nos propres forces.

Jusqu’à présent, nous avons surtout parlé des activités opérationnelles. Mais Implenia fait aussi avancer des thèmes intéressant l’ensemble du Groupe. Celui du développement durable est ainsi solidement ancré dans la vision. Qu’est-ce qui a été réalisé dans ce domaine?

Anton Affentranger: Beaucoup de choses – et je n’en citerai que quelques aspects: dans notre magazine pour collaborateurs, l’un de nos investisseurs nous a récemment confirmé que son investissement dans Implenia s’explique aussi par le fait que le Groupe satisfait à tous les critères ESG (environnement, social, gouvernance) et réalise un travail formidable en matière de développement durable. Nous en sommes fiers. Depuis mi-2017, Implenia soutient, dans le cadre de sa responsabilité sociale d’entreprise, le projet «Smiling Gecko» au Cambodge, en apportant son expertise à la construction de bâtiments scolaires. Certains collaborateurs d’Implenia encadrent sur place les architectes locaux et la direction des chantiers.

Autre thème important: la sécurité au travail. Où en est le Groupe dans ses efforts en matière de Health & Safety?

Anton Affentranger: Bien que nous ayons considérablement baissé le nombre d’accidents, notre objectif ambitieux pour 2017 a été manqué de justesse. Mais plus que d’atteindre un chiffre abstrait, l’important pour nous est d’avoir ancré au sein du Groupe une culture de la sécurité au travail à tous les niveaux.

La numérisation est également un thème qui occupe Implenia. Qu’est-ce qui a été réalisé dans ce domaine?

Anton Affentranger: Ces dernières années, Implenia a investi des fonds considérables dans la numérisation et nous allons poursuivre dans ce sens en 2018 et 2019. Par ailleurs, les unités opérationnelles bénéficieront au cours des prochaines années d’une solution numérique moderne dans le cadre du projet «Kairos». Parallèlement, le système ERP sera harmonisé à l’échelle du Groupe. L’objectif est de disposer d’une base intégrée homogène permettant de poursuivre la numérisation du Groupe. De plus, nous avons continué de renforcer nos capacités BIM. Le bâtiment en Allemagne nous a apporté de nouveaux talents dans ce domaine.

Comment se présentent les perspectives pour l’exercice en cours et les années suivantes? Implenia maintient-elle ses objectifs à moyen terme?

Beat Fellmann: Nous générons aujourd’hui 40% de notre chiffre d’affaires à l’extérieur de la Suisse. Si, comme nous en sommes convaincus, nous parvenons à réaliser sur ces marchés une contribution similaire à celle de la Suisse, un avenir fantastique nous est promis.

Anton Affentranger: Nos carnets de commandes sont pleins, la qualité de notre portefeuille est bonne, nous sommes positionnés sur les marchés appropriés et – condition principale – la force de frappe de notre équipe reste intacte. Nous maintenons nos objectifs à moyen terme d’un chiffre d’affaires d’environ 5 milliards de francs et d’une marge EBITDA entre 5,25% et 5,75%. Nous sommes optimistes pour 2018 et les années suivantes.

Cet entretien a été conduit par Natascha Mathyl.